Quelques réflexions sur les résultats des élections européennes

P1030564Avec un taux de participation de plus de 50 % (contre 42 % en 2014), la mobilisation inattendue est une bonne nouvelle : elle montre que les Français et les Européens ont compris que le Parlement n’est pas un « machin » sans pouvoir, mais une institution où s’expriment les valeurs de la démocratie et où se traitent des questions essentielles pour les Français, comme la dégradation de la planète, la sécurité intérieure ou extérieure des pays, la protection sociale, l’immigration …

La progression des listes les plus en pointe en matière européenne (en France, la République en marche et le Modem ainsi que Europe Écologie les Verts) contribue à rebattre les cartes au niveau du Parlement européen : les deux grands blocs de droite et de gauche, le Parti populaire (PPE) et le Parti Social-démocrate (SPD) qui dominaient le Parlement depuis plus de 20 ans ne sont plus majoritaires et devront composer avec le bloc centriste-libéral fort de 108 sièges et les écologistes de 75 sièges.

Bien qu’ayant 177 députés sur 751, les partis anti-européens, souverainiste, eurosceptique et europhobe ont été incapables de s’allier entre eux comme le souhaitaient le Rassemblement national et la Ligue du Nord de Matteo Salvini qui, réunis dans le groupe « Identité et démocratie », n’ont que 73 sièges, ce qui est insuffisant pour exercer une réelle influence.

La montée notable du vote écologiste dans lequel on retrouve une majorité de jeunes est aussi une bonne nouvelle. En Allemagne, les écologistes (Grünen) prennent la 2èmeplace avec 20,7 % des voix devant le Parti social-démocrate et 34 % des jeunes de moins de 30 ans ont voté pour eux. Il en est de même en France où le parti écologiste (EELV) fait une percée notable avec 13,5 % des voix, grâce en particulier aux jeunes qui ont voté massivement pour lui (25 % des 18-24 ans et 28 % des 25-34 ans) pour en faire leur premier parti. Ce double résultat témoigne de la prise de conscience qu’il n’y a pas de problème plus important pour l’humanité que celui de la dégradation de la planète. Grâce au fait que les jeunes se sentent concernés, se mobilisent et s’emparent du sujet, les actions qu’ils engageront vont sans doute bousculer notre vieux monde encore attaché à ses modes de production et de consommation pollueurs et destructeurs de notre planète.

En résumé, ces élections ont montré que l’Europe est redevenue un enjeu majeur pour l’ensemble des partis politiques, y compris pour ceux qui visent à la détruire. Le Parlement européen s’est profondément transformé et est plus apte que le précédent à comprendre les changements du monde.

Le vent du changement va également souffler sur les autres instances dirigeantes de l’Europe qui vont être entièrement renouvelées dans les prochains mois. Il s’agit :

  • du (ou de la)Président(e) de la Commission qui va remplacer Jean Claude Juncker, car et qui négociera avec les Présidents Donald Trump ou Xi Jinping,
  • de (ou de la) Président(e) du Conseil européen qui succédera à Donald Tusk, dont la rude tâche consistera à mettre d’accord 26 dirigeants européens dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas tous sur la même longueur d’onde,
  • du (ou de la) Haut(e) représentant(e) pour la politique extérieure, poste assumé aujourd’hui par Fréderica Mogherini,
  • du (ou de la) Président(e) de la Banque centrale européenne (BCE) qui succédera à Mario Draghi, le sauveur de l’euro qui a stoppé en juillet 2012 les spéculations sur les dettes souveraines grâce à l’utilisation d’un outil non conventionnel, le Quantitative easing (QE), consistant à racheter des volumes de titres publics ou privés autant que nécessaire,
  • sans oublier le (ou la) Président(e) du Parlement européen, en remplacement d’Antonio Tajani.

Si les personnes les plus qualifiées sont retenues pour remplir ces cinq fonctions présidentielles, alors l’Europe sera en état de marche pour devenir un acteur mondial capable de traiter des sujets essentiels qu’un pays comme la France n’est plus capable de résoudre seul.

3 réflexions au sujet de “Quelques réflexions sur les résultats des élections européennes”

    1. Il y a effectivement de bonnes nouvelles concernant l’Europe continentale, ce qui n’est pas le cas du Royaume-Uni, le mal nommé, qui va produire chez nous des difficultés dont on aurait bien aimé se passer

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  1. Bonjour Jean, je suis en tous points d’accord avec ton claire exposé. On voit bien qu’une marche arrière de la construction européenne peut de moins en moins s’envisager (tant mieux !). On voit de même que le statut quo ne peut perdurer, il faut avancer.

    C’est pourquoi je souhaite que soient établis dans les programmes d’histoire de chaque pays un socle commun amenant à mieux prendre conscience de l’unité de notre chère pointe ouest de l’Eurasie… Le très difficile problème à résoudre est celui de notre diversité linguistique. Il semblera peut-être normal dans 30 ou 40 ans, d’avoir une seule langue fédérale qui sera l’anglais. J’aurais préféré que ce soit d’Espéranto.

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