La France peut-elle lutter seule contre le réchauffement climatique de son territoire ?

3ème feuillet de mon album photo

S’il y a un thème plus important que celui de la sécurité traité dans les articles précédents, c’est à l’évidence celui de la dégradation accélérée de la planète, car il s’agit tout simplement de la survie de l’humanité. Cette dernière est gravement menacée par le réchauffement climatique et les pollutions qui engendrent une chute drastique de la biodiversité. Dans cet article, je vais me contenter de traiter du premier sujet, tout en remarquant que ces phénomènes ne doivent rien au hasard, puisque c’est l’homme qui est responsable de ces deux calamités.

En matière d’environnement, les climato-sceptiques nous expliquent gravement que le réchauffement climatique est un phénomène sur lequel l’homme n’a aucune influence. Comme je vais le montrer, cette assertion est un énorme mensonge auquel peu de personnes croient encore, les climato-sceptiques appartenant à une espèce de dinosaures que j’espère être en voie de disparition.

  • L’état de la planète en 2019 : le réchauffement climatique est une réalité incontestable

Le « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat » (GIEC), composé des meilleurs scientifiques au monde, est ma référence. Leur diagnostic est clair : c’est l’homme qui, en émettant des gaz à effet de serre, est la cause principale du réchauffement climatique. La température a déjà augmenté de 1°C par rapport à l’époque préindustrielle ; si le rythme actuel se prolonge, elle augmentera d’au moins 0,5°C dès 2030. Cela entraînera la montée du niveau des mers, accentuera la fonte des glaces en Arctique et du permafrost, et aura des conséquences désastreuses sur la santé, la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau potable d’une frange de la population mondiale.

  • Une seule véritable avancée au niveau international, la COP 21, avec l’accord de Paris sur le climat

Le réchauffement climatique n’a que faire des frontières, car ce phénomènes est d’essence planétaire. Il a fallu attendre décembre 2015 pour que, pour la première fois, 195 pays se mettent d’accord pour s’engager à contenir la hausse des températures à 1,5°C en se fixant chacun des objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Des financements de 100 Md de $ par an d’ici 2020 sont prévus pour aider les pays en voie de développement. C’est un premier pas, piloté par la France avec efficacité, mais il s’avère dès à présent insuffisant.

  • Des indices convergents montrent que le réchauffement climatique s’accélère plus que prévu et que les engagements pris par la COP 21 doivent être révisés en hausse

Une étude récente intitulée « Mission 2020 » conclut que l’objectif de ne pas franchir le seuil de 1,5°C est inaccessible en 2030, car il faudrait que le volume des émissions de gaz à effet de serre baisse dès 2020, ce qui sera impossible. En effet, les capacités des centrales thermiques à charbon ont continué à croître de 65 gigawatts (GW) en 2017, le taux de croissance du parc des voitures électriques est trop lent, la déforestation se poursuit, de même que les émissions agricoles (5,3 gigatonnes en 2016 contre 4,6 en 2000), et le montant de subventions aux énergies fossiles demeure important (373 milliards de $ en 2015). Si les objectifs et les moyens ne sont pas revus, le risque est que la température augmente non pas de 1,5°C, mais de 2,0°C, ce qui correspond pour le GIEC à un scénario catastrophe avec des vagues de chaleur, des pluies torrentielles, la montée des océans, l’érosion de la biodiversité etc.

  • Les tenants de la théorie de l’effondrement 

Certains chercheurs, experts, et hommes politiques se sont emparés de ces pronostics pessimistes pour prédire l’effondrement dès 2030 de notre société thermo-industrielle. Ces oiseaux de malheur, les « collapsologues », comme on les appelle, poussent le bouchon un peu loin. Mais les risques d’un effondrement progressif de notre société humaine n’a rien d’impossible, comme l’avait expliqué Jared Diamond dans son remarquable ouvrage prémonitoire intitulé justement « Effondrement » –  folio essais poche 2009  -. J’avais écrit dans mon dernier livre que la notion de « points de basculement critiques » utilisée par la Convention sur la diversité biologique (CDB) permet d’expliquer la survenance possible d’une catastrophe écologique de dimension mondiale à partir du moment où des variables « comme l’anthropisation, l’artificialisation et la fragmentation des systèmes naturels surajoutent leurs impacts à ceux du changement climatique ou de l’acidification de la mer».

  • Des lueurs d’espoir en 2019, les jeunes se réveillent 

En 2019, constatant l’attentisme coupable des gouvernements, les actions à propos du problème du réchauffement se sont multipliées, la plus porteuse vient du monde des jeunes qui prennent conscience qu’il s’agit du combat le plus important pour leur avenir : le mouvement mondial « Friday for future » avec des grèves scolaires pour faire pression sur les gouvernements, « Youth for climate » lancé par deux jeunes filles belges qui ont réuni 70 000 participants le 27 janvier, une journée de grève scolaire mondiale prévue le 15 mars à l’initiative de Greta Thunberg, la jeune suédoise médiatique de 16 ans reçue par Antonio Gutteres, secrétaire général de l’ONU en décembre 18 à Katovice pour la COP 24, et par le Président Macron le 22 février, et 30 000 élèves des grandes écoles qui ont signé un manifeste en direction de leurs futurs employeurs etc.

  • La place est libre pour que l’Union européenne prenne le leadership mondial en matière de réchauffement climatique

Avec un Donald Trump qui feint de croire aux arguments des climato-sceptiques, les États-Unis se sont eux-mêmes exclus du jeu ; quant aux Chinois, avec plus du quart des émissions de CO2de la planète, ils sont responsables du redémarrage de la production de CO2en 2018 et leur priorité est domestique.

L’Union européenne a, au contraire, de sérieux atouts en main : ses citoyens ont la conscience écologique la plus avancée au monde – la Finlande, la Suède, la Norvège et l’Islande sont classées dans les 5 premiers pays du monde en matière d’indice de durabilité de l’environnement – et elle est la seule organisation qui ait ratifié la Convention sur la diversité biologique (CDB), de même que les 28 états européens. Enfin, n’oublions pas que les grandes entreprises européennes, et en particulier françaises, sont à la pointe des techniques de traitement des eaux, des déchets, des pollutions multiples comme celles de l’énergie nucléaire.

Voilà un beau projet fédérateur pour l’Europe, la France, et nos futurs députés européens…

3 réflexions au sujet de “La France peut-elle lutter seule contre le réchauffement climatique de son territoire ?”

  1. Bonsoir Jean, tout en étant beaucoup moins compétent que toi sur le sujet traité, j’ai tendance à être d’accord avec tout ce que tu exposes dans le présent article. Et ce n’est pas la chaleur printanière de la fin février qui me fera changer d’avis ! Amicalement.

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  2. Beau projet effectivement pour l’Europe et les députés Européens, le changement ne peut être effectif qu’à cette échelle, une nécessité que devraient méditer les souverainistes et nationalistes de tout poil qui se présentent aux élections Européennes pour détricoter l’U.E. !

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